Retour

Référent FPH : Matthieu Calame

Pilote :

Montant : 375 000 Euros

Partenaires :

L'AEI : Alliance des éditeurs indépendants

L'Alliance des éditeurs indépendants pour une autre mondialisation (AEI), association française loi 1901 à but non lucratif, a été créée au printemps 2002 à l'initiative d'un petit groupe de professionnels du livre dans le prolongement du programme Bibliothéque interculturelle de la fondation. Par la mise en place progressive d'un réseau international d'éditeurs, indépendants des grands groupes, qui se rencontrent réguliérement et travaillent ensemble à des projets éditoriaux, l'AEI participe à la circulation des idées et à la construction d'une société civile internationale. L'Alliance compte actuellement une soixantaine d'éditeurs du monde entier (Chine, Inde, Moyen Orient, Afrique francophone, anglophone, lusophone, Amérique Latine, Amérique du Nord, Europe). L'AEI s'attache à promouvoir des accords commerciaux solidaires entre ses membres, en suscitant et développant particuliérement les processus de coédition. Le travail s'organise, entre autres, au sein de réseaux linguistiques (francophone, anglophone, hispanophone, arabophone, etc.) au sein desquels de nombreux projets de coédition ont pu voir le jour.

Imprimer cette fiche

Fiche Action - Archive 2006-2007

(2006-2007) Poursuivre le soutien à l'Alliance des Editeurs indépendants

Résumé

L'alliance des éditeurs indépendants pour une autre mondialisation (AEI) créée en 2002 grâce à l'appui de la fondation rassemble plus de 70 éditeurs de différentes langues dans 40 pays. La fondation poursuit son appui au développement de cette alliance.

Synthèse

Synthèse de l'action

L'Alliance des éditeurs indépendants pour une autre mondialisation (AEI), créée en 2002 grâce à l'appui de la FPH, rassemble aujourd'hui plus de 70 éditeurs dans 40 pays, liés par une motivation commune (diffuser des textes et des idées utiles au progrès social) et par une commune conception de l'indépendance à l'égard des grands groupes financiers, comme condition pour diffuser librement ces idées. Dans le cadre de l'AEI, ces éditeurs mettent en commun leurs thèmes de travail, leurs réflexions et leurs propositions, réalisent des coéditions souvent construites suivant un principe de péréquation solidaire. Ils se traduisent mutuellement, décident de chantiers de travail commun, en particulier sur le plan de la méthode, pour inventer des modes de production et de diffusion plus collectifs, plus économiques, plus efficaces. Organisés notamment en réseaux linguistiques, les 70 éditeurs représentent une très grande variété d'approches culturelles. Par la dynamique interne aux réseaux linguistiques, par le croisement de l'activité de ces derniers, et par les rencontres générales des alliés, l'AEI constitue un cadre novateur de dialogue interculturel et d'invention d'une nouvelle pratique de l'édition.



Inscription de l'action dans la stratégie d'ensemble de la FPH

Le rôle des éditeurs en tant qu'acteurs des mutations, vecteurs de propositions et porteurs de stratégies de changement, s'affermit d'autant plus qu'ils entreprennent de travailler dans des jeux collectifs de mutualisation et d'échange. Cette mutualisation leur permet de mieux faire face aux « dilemmes de la responsabilité des faiseurs de livres » , à la fois désireux d'une parole indépendante et d'une contribution concrète à la diffusion d'idées de progrès, et limités dans leurs marges de manœuvre par les impératifs de l'économie du marché du livre. Le dispositif d'alliance citoyenne, internationale et interculturelle, proposé par l'AEI permet de donner plus d'efficacité à la diffusion d'idées allant dans le sens de la construction d'une communauté mondiale. Les éditeurs de l'AEI travaillent tous plus ou moins dans la même direction en tant que diffuseurs d'idées, développant, dans la partie « sciences humaines » de leurs catalogues et dans les opérations AEI menées en commun notamment depuis la rencontre de Dakar en 2003, beaucoup des thèmes chers à la Fondation : gouvernance, développement, alternatives économiques et sociales, environnement, société civile mondiale, etc. Les coéditions solidaires, les traductions, les rencontres linguistiques, sont autant d'élément d'expérimentation d'une combinatoire unité/diversité réussie. La contribution de l'AEI à l'élargissement du capital social de la FPH n'est pas négligeable, soit que celle-ci trouve à travers le réseau AEI des partenaires pour l'aider à mieux rentrer en contact avec une région donnée (exemple de l'Iran), soit par les auteurs mobilisés par l'AEI dans toutes les régions du monde.



Historique de l'action
L'historique de l'AEI se trouve inscrite dans le programme "Vivre en paix dans un monde de diversité" (DIV) de la FPH avec le lancement, dans la deuxième moitié des années 90, d'une "Bibliothèque interculturelle", programme de mise en lien d'éditeurs de différents pays s'essayant au travail collectif avec de premières opérations de coédition. En 2002, le réseau naissant d'éditeurs a été constitué en une alliance citoyenne, animée par une structure juridique indépendante associative de droit français. La première rencontre générale du réseau a eu lieu à Dakar en 2003 après gros un travail d'élargissement géographique des partenariats. La "déclaration des éditeurs indépendants et solidaires" adoptée à Dakar par 60 éditeurs constitue la charte éthique de cette Alliance.

Présentation

En 2005-2006, l'AEI renforcera les principaux chantiers détaillés dans le rapport d'étape 2004-2005 n°55 : poursuite, sur la lancée de Dakar, du développement de l'AEI et de sa représentativité géographique, notamment en ce qui concerne les réseaux anglophones et arabophone ; développement des éditions, traductions, et co-éditions solidaires (titres sur la gouvernance, la mondialisation, l'interculturel, l'économie et titres sur les mots-clé du dialogue interculturel), réalisation par l'AEI elle-même de dossiers sur l'échange et la mutualisation des expériences professionnelles, destinée aux éditeurs et aux politiques… Pour cela, l'AEI aura besoin de l'aide de la Fondation pour continuer de disposer d'une équipe administrative solide, et si possible légèrement étoffée, mais elle développera une politique de recherche de co-financements qui est déjà bien avancée (Fondation Ford, Fondation Prince Claus aux Pays Bas, Agence Intergouvernementale de la Francophonie, Union Latine, etc.

Sur le plan des méthodes et outils de communication, quelques outils essentiels ont été réalisés au cours de la précédente période budgétaire, qui méritent d'être soutenus pendant la suivante pour permettre à l'AEI de jouer pleinement son rôle dans la diffusion des idées, notamment le site internet www.alliance-editeurs.org, la présence sur les stands des foires et salons du livre internationaux, les liens avec la presse.

Pour stimuler l'initiative des éditeurs dans le domaine de la diffusion d'idées de stratégies de changement, l'équipe de l'AEI pourrait tester en 2006 une procédure d'appel d'offres pour accroître la mise en lien des membres entre eux et rendre plus efficace la circulation des idées sur des thèmes ciblés.

L'AEI organisera par ailleurs une deuxième rencontre générale des Alliés, essentielle pour maintenir et développer la cohésion du réseau, mettre en débat les conditions de la contribution des éditeurs aux avancées sociales, formuler de nouveaux projets, entretenir son dynamisme. Ce dernier projet, et l'amélioration des conditions de travail de l'équipe administrative (nouveaux locaux et un mi-temps supplémentaire) suppose de la part de la Fondation de compléter la poursuite du financement du "minimum vital" de fonctionnement et d'opérations de l'AEI (150 000 euros annuels) par une somme de 75 000 euros pour la période 2006-2007.